Femme, un grand mot!

Le Japon et la Femme…

L’avantage de travailler dans un atelier collectif est que l’on y croise bon nombre d’artistes de tous horizons. Parmi ces rencontres j’ai ainsi fait la connaissance de Kristin Degeorges, une graveure américaine dont vous pouvez découvrir le travail ici. Cette artiste a vécu de nombreuses années en Espagne, après des études effectuées près de New York.

Parce que le féminisme est un sujet qui lui tient à cœur elle a eu l’idée de créer un groupe de femmes-graveurs appelé Artïts. A travers leurs gravures, chacune propose sa représentation de la Femme.
Pour sa première année d’existence le but est que chaque graveure propose une estampe sur ce sujet.
La représentation choisie peut être abstraite ou figurative, avec un message d’engagement clairement proposé ou non. Seule la technique de la gravure est imposée.

Kristin est partie pour les fêtes revoir sa famille aux Etats-Unis, avec dans son sac un portfolio rempli d’estampes. Ont participé des graveurs de la région bien sûr mais aussi des américaines, des espagnoles, des anglaises, une coréenne… Le but est de démarcher les galeries et autres institutions des différents pays représentés, afin de proposer notre vision éclectique de la Femme à travers l’estampe contemporaine.

Cette estampe est donc ma proposition personnelle du sujet pour ce projet 🙂
Pour ce portrait je suis partie d’une image d’Oiran, une courtisane de classe supérieure qui a eu ses jours de fastes à l’époque d’Edo au Japon (pour en savoir plus je vous invite à jeter un œil ici) J’ai trouvé ce sujet de représentation intéressant pour le paradoxe sociologique qu’il symbolise : Achetées comme des objets alors qu’elles n’étaient encore que des enfants, ces femmes bénéficiaient d’une éducation raffinée dans les Arts et la conversation. La complexité de leur habillement rivalisait avec la préciosité des étoffes dans lesquelles étaient confectionnés leurs habits. Condamnées à rembourser le coût de leur propre achat et de leur éducation pendant une bonne partie de leur vie, elles étaient néanmoins sujets d’admiration et de fascination pour le reste de la population… Il faut bien les différencier des Geisha, qu’on pourrait davantage comparer à des dames de compagnie de luxe. On reconnaît l’Oiran à son Obi, sa ceinture, qui était nouée à l’avant.

Je ne voyais pas faire de représentation abstraite ou avec un engagement assumé, je suis donc restée fidèle à ma façon de dessiner et de travailler l’image. J’ai donc travaillé quelques éléments de contraste tels que le contour et le Obi en linogravure. J’ai ensuite imprimé sur ces éléments de contour des éléments décoratifs au tétrapack. j’ai choisi cette teinte entre la rouille et la terre de sienne brûlée car elle évoque pour moi cette époque aux portraits faits à,la sanguine, ou encore ces anciennes photos…

Pour finir cet article il ne me reste plus qu’à vous souhaiter à tous de belles fêtes de fin d’année,
et en vous disant à 2018!!!